mardi 18 septembre 2012

« Charlie Hebdo » publie de nouvelles caricatures de Mahomet

Du site Huffington Post.



CHARLIE HEBDO - Le nouveau numéro de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo va faire parler de lui. L'exemplaire du mercredi 19 septembre fait sa une sur les violences liées au film anti-islam (Innocence of muslims) et publie de nouvelles caricatures du prophète Mahomet. Après l'affaire des caricatures en 2006, son numéro "Charia Hebdo" en 2011 et l'incendie de ses locaux, l'hebdomadaire récidive.
La une donne le ton. "Après Innocence of muslims (le film anti-islam qui a déclenché des manifestations à travers le monde ndlr.), Charlie annonce en une et avant première la sortie d'Intouchables 2", écrit la rédaction en présentant son nouveau numéro sur Twitter.
Après ce rabbin et cet imam dans une parodie du film Intouchables (choisi par la France pour les Oscars mardi), suit en page 2 un article intitulé "Mahomet fait du cinéma".
Pas de prophète en une donc. Les caricatures de Mahomet sont publiées en page intérieure et en quatrième de couverture du numéro. On y voit en effet plusieurs dessins de Mahomet - "en position osée" décrit RTL - dans ce que l'hebdomadaire appelle "Les couvertures auxquelles vous avez échappé".


"Ces dessins choqueront ceux qui vont vouloir être choqués"
Selon Charb, le directeur de Charlie Hebdo interrogé par iTélé, ces dessins "choqueraient ceux qui vont vouloir être choqués en lisant un journal qu'il ne lisent jamais".
Charb a également estimé que les dessins publiés en page intérieure et en dernières pages du journal ne sont pas plus provocants que d'habitude. "La liberté de la presse est-elle une provocation?", a-t-il demandé.
"Je n'appelle pas les musulmans rigoristes à lire Charlie Hebdo, comme je n'irais pas dans une mosquée pour écouter des discours qui contreviennent à ce que je crois", a encore dit le dessinateur.
"Tout est parti d'une inquiétude des services français qui craignaient dans le contexte que Charlie fasse sa couverture avec une caricature de Mahomet. Il n'est en rien: la couverture représente un musulman lambda avec un juif lambda", a-t-il expliqué à l'AFP.
Quand Charlie Hebdo inquiète l'Elysée
Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, interrogé alors qu'il se trouvait au Caire sur l'éventualité de dessins représentant Mahomet, s'est dit "contre toute provocation", tout en rappelant l'existence en France de la liberté d'expression.
Jean-Marc Ayrault a quant à lui affirmé, "dans le contexte actuel", sa "désapprobation face à tout excès" et appelé à "l'esprit de responsabilité de chacun".
Le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, a appris avec "une profonde consternation" la publication "de dessins insultants à l'égard du prophète de l'islam". Dans un communiqué, le CFCM condamne "avec la plus grande vigueur ce nouvel acte islamophobe" et "lance un appel pressant aux musulmans de France à ne pas céder à la provocation".
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a lancé un "appel au calme". Interrogé par l'AFP, ce dernier a déclaré "apprendre avec beaucoup d'étonnement, de tristesse et d'inquiétude une publication qui risque d'exacerber l'indignation générale du monde musulman".
"J'appelle à ne pas verser de l'huile sur le feu", a-t-il lancé.
Les précédents Charlie Hebdo
Le feu, Charlie Hebdo connaît. En novembre 2011, les locaux parisiens du journal ont été incendiés après une attaque au cocktail molotov. Deux jours plus tôt, l'hebdomadaire annonçait un numéro baptisé "Charia Hebdo", avec "Mahomet en rédacteur en chef". Son site internet avait également été piraté.

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En kiosque, le numéro "Charia Hebdo" avait rapidement été en rupture de stock.
Mais il ne s'agissait pas des premiers dessins profanes de Charlie Hebdo. Pour avoir reproduit les douze caricatures danoises ayant déclenché la colère des musulmans aux quatre coins du monde, le journal avait comparu devant le tribunal en février 2006. L'hebdomadaire avait été relaxé par la justice française, mais le dessin de Cabu représentant Mahomet la tête entre les mains et le message "c'est dur d'être aimé par des cons ", restent gravés dans les esprits.


ADDENDUM

Et c'est reparti: débat avec Chappatte sur l'affaire des caricatures de Mahomet 2, sur la radio suisse.

Lu sur le site du Matin, article de Christine Talos
Caricatures publiées dans Charlie Hebdo : les dessinateurs de presse romands sont partagés
" De Burki à Ben en passant par Mix & Remix ou encore Barrigue, les avis des dessinateurs sont très contrastés sur la pertinence des dessins de Charlie Hebdo caricaturant Mahomet.

L’hebdomadaire Charlie Hebdo a publié ce mercredi des dessins satiriques représentant le prophète Mahomet. Ces parutions interviennent après une semaine de tensions et de violences dans le monde contre le film américain islamophobe «Innocence of Muslims» («L’Innocence des musulmans»). Ces caricatures ont provoqué une avalanche de réactions tant positives que négatives, au sein de la classe politique comme sur la page Facebook de l'hebdomadaire.

«C'est l'actu, il faut y aller!»

Des avis très contrastés que l'on retrouve chez les dessinateurs de presse romands. Ainsi pour Raymond Burki, caricaturiste attitré de 24 heures, Charlie Hebdo a entièrement raison de publier ces dessins. «Il n'y a pas de raison de ne pas faire d'humour sur ce sujet-là aussi. On doit pouvoir évoquer tous les sujets, même les plus délicats», explique-t-il ainsi, en rappelant en outre que la provocation est la raison d'être du journal satirique français.

Quant à la question de publier ces caricatures dans un contexte actuellement très tendu, il défend encore une fois l'hebdomadaire: «C'est le sujet dont tout le monde parle en ce moment. C'est l'actualité, il faut donc y aller!» Il reconnaît toutefois qu'il n'oserait pas aller si loin pour 24 heures. «Mais si j'étais à Charlie Hebdo, je n'hésiterais pas.»

Provocation «bête et potache»

Une opinion qu'est loin de partager son confrère Barrigue, qui a lancé la revue satirique romande Vigousse. «Je ne peux absolument pas cautionner la parution de ces dessins», affirme-t-il avec véhémence. «Cela n'apporte strictement rien au débat. C'est de la provocation bête et potache qui ne fait que rajouter de l'huile sur le feu.»

Il se dit également effaré du niveau «cour de récré» qui règne actuellement: «C'est tu me donnes un coup, je t'en donne un à mon tour», estime-t-il. Le dessinateur conclut en affirmant que ce n'est pas l'humour premier degré de Charlie Hebdo qui permettra de lutter contre l'obscurantisme qui menace les religions.

«Une fois ça va, mais plus...»

Philippe Becquelin, alias Mix et Remix, bien connu des lecteurs de L'Hebdo et des téléspectateurs d'Infrarouge de la RTS, rejoint l'avis de Barrigue. «Charlie Hebdo a déjà publié des dessins là-dessus, il y en a eu d'autres ailleurs avant. Alors une fois ça va, deux fois ça passe, mais trois fois, bonjour les dégâts», lance-t-il. Je ne vois donc vraiment pas l'intérêt de cette parution, si ce n'est de se faire mousser. Cela n'apporte rien au débat.» Il rappelle en outre que les musulmans, qu'ils soient extrémistes ou modérés, n'ont pas la culture du dessin de presse. Ces caricatures ne servent donc qu'à choquer, selon lui.

Quant à dessiner lui-même le prophète, il hésite, même s'il est est totalement pour la liberté d'expression. «Avant l'affaire des premières caricatures, je ne savais même pas qu'un non-musulman n'avait pas le droit de dessiner Mahomet», avoue-t-il par ailleurs. Mix et Remix juge en outre délicat de jouer avec la religion des autres, surtout quand on n'en connaît pas les codes.

Une provocation réfléchie

Enfin, Ben, l'un des deux dessinateurs attitrés du journal Le Matin, se dit lui partagé. «D'un côté, je comprends le geste de Charlie Hebdo. C'est une provocation qui invite à réfléchir et à rire sur un sujet grave, à l'opposé du film américain islamophobe qui est un gros navet ne visant qu'à dénigrer les musulmans», explique-t-il.

Mais il est clair que les caricatures du journal satirique interviennent dans un contexte ultra-tendu. Cela ne fait donc que rajouter de l'huile sur le feu, estime-t-il, même s'il faut provoquer parfois pour qu'il y ait du débat. «Dans l'absolu, je suis pour la liberté d'expression et nous devrions pouvoir dessiner n'importe quoi. Mais nous ne pouvons pas faire comme si une partie du monde n'existait pas.»


Ma position courageuse dans le débat:
Le Droit, 20 septembre 2012

Celle de Deligne:




... et de Glez:


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